Paroles d’entraîneur : Sébastien Mahé – 2ans après

En 2013, je vous avais proposé l’interview de Sébastien Mahé, entraineur des U19 DH de l’AS.Ménimur(56). Cet entretien avait permis de vous faire découvrir son parcours, mais aussi sa manière de travailler avec les jeunes joueurs et surtout sa grande passion qui le motive tous les jours. Ce fut un moment très enrichissant pour le site et ses lecteurs à travers plein de conseils et de transmissions. Depuis, le parcours footbalistique de Sébastien s’est enrichi et en un an et demi il lui est arrivé de nombreux évènements. J’ai suivi son évolution depuis la dernière interview et je voulais qu’il partage avec vous cette année et demi faite de grands moments(heureux et malheureux)  teintés de travails et de passions.

 

 

Nous t’avions quitté en 2013, à Menimur en DH U19, nous te retrouvons aujourd’hui au Carnac FC où tu officies en tant qu’entraineur principal pour la deuxième saison (DSR) Est-ce que tu peux nous présenter ton club ?

Le Carnac FC est un club sain, très accueillant. Je m’y suis senti à l’aise très rapidement. La structure est moins volumineuse qu’à Ménimur mais il y a les mêmes passionnés. Des dirigeants très performants, des bénévoles toujours motivés… Le club possède une très bonne école de foot. D’ailleurs le club a renouvelé son label qualité foot. Malheureusement, en jeunes, la pyramide reste incomplète car nous n’avons ni U17 ni U19 mais nous y travaillons pour y remédier. En séniors, nous avons 2 équipes évoluant en DSR et D2. L’écart est important et notre priorité est de le réduire ce qui sera compliqué tant que nous n’aurons pas de troisième équipe. Concernant les infrastructures, elles sont assez exceptionnelles avec un terrain d’honneur magnifique, un terrain d’entraînement tout aussi beau et un synthétique.

 

Explique-nous comment t’est venu cette opportunité ?

Le coach en place avait annoncé son retrait en fin de championnat. Je connaissais le président Loïc Arhuero car j’avais eu l’un de ses fils à l’AS Ménimur. Le contact s’est fait comme ça. Nous nous sommes rencontrés à quelques encablures de la fin de saison. Le contact avec les dirigeants a été excellent d’entrée. J’ai senti qu’il y avait un vrai projet sur le long terme. Après une heure d’échange entre Loïc, Christophe Guillevic qui lui succédait à la présidence et Yannick Le Golvan nous sommes rapidement arrivés à un accord. Ils m’ont offert une superbe opportunité, j’ai ressenti qu’il y avait de la confiance. Je n’ai pas eu besoin de beaucoup de temps pour prendre une décision. J’ai rejoint le projet le jour même.

 

paroles d'entraineur : Sébastien MahéCe n’est pas quelque chose qui était envisageable dans ton  club ?

Oui et non. Ménimur c’est une grande et belle famille, un club qui te marque dans le bon sens du terme. J’y ai passé 8 saisons exceptionnelles. Le coach en place n’était pas démissionnaire mais après 4 ans à la tête du club, il a été remercié. Dans ces conditions, il n’était pas concevable que je lui succède. Je ne suis pas un profiteur surtout que lui m’avait soutenu tout au long de notre collaboration ! L’autre raison est que j’avais eu 80% de l’effectif sénior en jeunes. Certains choix m’auraient posé des cas de conscience même si je sais que j’aurai été juste dans mes décisions.

Comme le dit le dicton: « Nul n’est prophète en son pays ! »

Toutefois, ce départ s’est fait en très bon terme. J’ai prévenu le club très tôt de mes vélléités de changement. Les dirigeants l’ont très bien compris. Je continue à suivre les résultats du club et reste son premier supporter tout en sachant que les copains ménimuriens  me suivent également.

Comment s’est fait ton choix ? A-t-il été naturel où a-t-il été difficile à prendre ?

Mon choix de passer du monde jeune au monde sénior a été fait très tôt dans la saison.  J’en avais l’envie depuis un moment . Toutefois, il était important pour moi d’aller au bout de la mission que l’ASM m’avait confiée: la génération 94. Cette dernière saison c’était une année cadeau, forte en émotion avec l’incorporation progressive des gars à la DSR. La concrétisation d’un projet de 5 ans ! Nous sommes allés au bout de l’aventure tous ensemble avec un 32ème de Gambardella contre Châteauroux.

Je pense que ce choix est naturel quand on est passionné comme je peux l’être. J’avais des envies, de la curiosité, la motivation de voir autre chose et de progresser. J’avais aussi le projet d’entraîner à nouveau mes frères qui m’encourageaient depuis un long moment pour que je passe le cap.

 

Du coup tu es entré dans un nouveau projet, comment as-tu préparé cette première saison avec beaucoup d’inconnu ?

La situation était particulière suite à une saison éprouvante au Carnac FC. Beaucoup de joueurs étaient sur le départ. J’ai essayé de garder un maximum de joueurs mais la mission était compliquée. 6 joueurs de la DSE ont décidé de relever le challenge. A ce moment là, je me suis mis en quête des 8 mutés dont je disposais. Finalement, nous sommes parvenus à compléter les deux équipes d’un point de vue quantitatif. Toutefois, c’était du bricolage et les deux équipes ont évolué sans aucune marge tout au long de la saison. Heureusement, ces difficultés ont uni les joueurs qui ont joué le jeu du début à la fin. Une excellente ambiance s’est mise en place permettant aux deux groupes d’évoluer et de progresser.

 

Est-ce que tu t’es constitué un staff ? Un noyau dur de joueur ? Sur quoi tu t’es basé pour monter cette équipe ?

C’était primordial ! Pour démarrer en séniors, il fallait quelqu’un de solide, quelqu’un qui avait toute ma confiance. Avec les dirigeants nous avons fait le maximum pour convaincre Vincent Le Ny de nous rejoindre dans ce projet un peu fou. Un super joueur qui avait connu toutes les montées du Carnac FC en tant que coach.

Pour ce qui est des joueurs, j’ai voulu faire confiance à des mecs bien ! Des gars que j’avais entraîné dans le passé et qui avaient ma confiance. Des gars avec qui je pouvais partir à la guerre sans hésiter. J’ai pas fait tant que ça de « paris » ! Je voulais des valeurs sûres dans l’état d’esprit. Et puis les joueurs en place depuis plusieurs saisons ont fait leur maximum pour aider les nouveaux à vite s’intégrer.

Du coup, pour construire l’équipe, j’ai pu m’appuyer sur plusieurs certitudes car je connaissais tous les joueurs. La colonne vertébrale de l’équipe avait de l’expérience mais nous avons manqué de combattants dans les moments clés la faute à des blessures notamment.

paroles d'entraineur : Sébastien Mahé

Comment ont évolué tes sentiments au cours de cette saison difficile ? Motivation ? Espoirs ? Abattement ? Il y a des moments où tu as songé arrêter ?

La saison s’est ponctuée par une descente mais n’a pas été difficile. Il y a eu des matchs décevants mais dans l’ensemble il y a eu beaucoup plus de bons que de mauvais moments. Je ne rencontre pas de problèmes de motivation. J’ai envie d’aller au foot tous les jours. Peu importe le contexte. Ma motivation est restée intacte malgré les déceptions. Arrêter n’est pas envisageable, je ne quitte pas le navire à la première difficulté. Je me suis réfugié dans le travail en essayant de proposer les meilleures séances possibles afin de remédier à nos manques. Lorsque le travail a payé ce fut plusieurs semaines de grandes joies partagées tous ensemble. C’était un aboutissement concret par rapport aux efforts consentis. Malheureusement, le creux de la phase retour nous aura été fatal.

Les joueurs avaient confiance en moi, hors de question de céder à l’abattement ou à la fatalité, nous avons joué le jeu jusqu’au bout pour ne pas fausser le championnat et terminer le mieux possible.

Entre les années jouées et celles entraînées on en sera à 30 en fin de saison. Pour ce qui est de l’arrêt il n’est pas programmé quels que soient les résultats.

 

Tu t’es appuyé sur quoi ? Sur qui pour garder le cap ?

Je me suis appuyé sur le jeu. A aucun moment je me suis dit: « on va bétonner pour aller chercher un 0-0 ». J’ai jugé que seul le plaisir de jouer et d’être ensemble pouvait nous sauver mais ça s’est avéré insuffisant. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’on a eu zéro réussite sur plusieurs matchs décisifs. Et pourtant footballistiquement parlant…

Déjà, j’ai eu le soutien de l’ensemble des dirigeants. Le climat est serein à Carnac et je sens bien qu’on me fait confiance. Le président nous soutient quels que soient les résultats. Il ne ressort que le positif. Après, je me suis beaucoup appuyé sur mon coach de B qui a l’expérience du haut niveau en tant que joueur et entraîneur. Son aide et son amitié sont des atouts précieux pour un jeune entraîneur comme moi. Je me suis également appuyé sur les cadres de l’équipe qui se sont investis à 200% dans l’opération maintien puis pour préparer la saison actuelle.

La suite de l’interview : par ici

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