Le jeu à la Nantaise

Le jeu à la Nantaise : Joue la comme Suaudeau

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Le jeu à la Nantaise! Terme nostalgique d’une époque révolue, souvent employé dans les travées de la Beaujoire en souvenir des belles heures du FCN. Ce jeu a été la marque de fabrique du club ligériens durant trois périodes qui ont fait sa renommée. Si aujourd’hui il a disparu à Nantes, il n’est pourtant pas mort…Définition

Le jeu à la Nantaise

Le jeu à la NantaiseLa qualification de jeu « à la nantaise » apparaît au début des années 1990, au moment du deuxième mandat de Jean-Claude Suaudeau à la tête du FCN .

 

Alors que les résultats sportifs du club sont sur une pente ascendante le terme naît sous la plume du correspondant de L’Équipe.

Patrick Dessault propose la première définition en 1992 :

« Hérité des années 60 et mis en lumière par José Arribas, repris mot pour mot par Suaudeau, le jeu à la nantaise renaît aujourd’hui de ses cendres. Ce savoir-faire, érigé en philosophie de jeu, est donc de retour sur les terrains de France. Intelligence de jeu, science du mouvement, de la course et du déplacement, simplicité du geste, tous ces principes étant mis en relief par le cuistot maison qui applique ses propres recettes. »

 

Cette expression est tout de suite adoptée et très vite reprise par le public content d’avoir trouvé une expression pour désigner la manière de jouer de son équipe. Plus généralement, ce terme à l’origine assez flou a été rapidement galvaudé. Les journalistes qualifiant tout de suite de jeu à la nantaise » la moindre action s’enchaînant rapidement et en mouvement.

Bien que le terme ne soit apparu qu’en 92, Nantes joue déjà de cette manière depuis les années 60 et l’arrivée d’Arribas à sa tête. Puis Suaudeau de 82 à 88 et de 91 à 97 etc Denoueix jusqu’en 2001 prendront la relève.

 

Principe

Si on doit résumer cette philosophie de jeu par quelques termes, ce seraient ceux-ci :

– Technique parfaite

-Pressing constant

-Replacement rapide

-Jeu sans ballon

-Supériorité numérique en zone

-Décalage

-Capacité à se projeter vite vers l’avant en contre

Finalement le jeu à la Nantaise c’est quoi ? Tout simplement un football qui met le jeu en avant et s’appuie sur un état d’esprit collectif et offensif de manière particulièrement huilée. Le ballon va plus vite que les joueurs donc la qualité de passe est la principale arme de ce jeu. Suivent ensuite : la science du mouvement, la vision du jeu, la vitesse de déplacement enfin un physique de très haute qualité.

 

Cependant on peut le différencier selon l’entraîneur qui en a eu la charge :

 

Le jeu à la NantaiseArribas

Il est le premier à mettre ce jeu en place en 1960. Arribas veut avant tout trouver une tactique qui réponde aux qualités intrinsèques présentées par son 11. Il le juge faible dans l’impact physique et veut donc lui faire prendre l’initiative du jeu. Ainsi il évite trop de contacts. Il choisit alors de miser sur le mouvement et la vivacité. Il met en place une défense en zone permettant de laisser ses latéraux plus libres de leur mouvement. L’entraineur Nantais met en place deux milieux axiaux relayés par 4 joueurs offensifs. Ainsi deux attaquants sur les ailes et plus haut deux attaquants ans l’axe.

Le choix de la formule offensive permet les changements de rythme : « Le rythme, la vivacité sont les meilleurs alliés du jeu offensif. » Ce principe de jeu sera mis en place sous l’ère Arribas car ce schéma est capable de  s’adapter au gré des joueurs et du contexte, ce qui explique le passage en 4-3-3 au début des années 1970, avec un attaquant servant de pivot. Malgré le succès final de ce choix tactique(une montée + 3titres de champion), tout ça a bien failli ne pas marcher. Nantes a mis trois saisons à s’y habituer et Arribas a frôlé le licenciement pour manque de résultat.

Suaudeau

choisi, lui, de renforcer le rôle défensif de certains milieux de terrain, il met en place deux milieux récupérateurs : « je conçois le jeu d’attaque à travers la récupération, voilà un des grands principes du club. » Des choix qui ont ensuite fait école : « Concevoir le jeu d’attaque à travers la récupération, je commence à entendre ça dans de nombreux clubs, mais ça ils l’ont entendu à la Jonelière. » Bien entendu on retrouve dans les équipes de Jean-Claude Suaudeau ce qui a fait le succès de celles de José Arribas : le mouvement.

La différence notable entre ses deux équipes se fait essentiellement sur les qualités des joueurs qui la composent. Alors qu’Arribas pouvait s’appuyer sur la disponibilité des joueurs les uns par rapport aux autres afin de fluidifier le jeu par de la simplicité dans les transmissions ; celle de 1995, étaient techniquement inférieure et pariait sur l’explosivité et la vitesse des joueurs. Ainsi on assistait bien souvent à des mouvements rapides portés vers l’avant en réduisant le nombre de passes : « au lieu de faire dix passes, on en faisait trois-quatre, mais pas n’importe lesquelles. »

La finalité restant, pour Suaudeau, l’enchaînement : « ma conception du jeu […] ça reste “concevoir le jeu à travers les passes”. Le foot est un jeu de passes, hein. C’est l’unité fondamentale. »

 

Le jeu à la NantaiseRaynald Denoueix

se place lui également dans la filiation d’Arribas et de Suaudeau, et comme eux définit avant tout le jeu comme un état d’esprit : « le plaisir de se comprendre. » Les principes de base restent également les mêmes : mobilité et anticipation.

L’équipe de Denoueix s’appuie sur des qualités techniques plus que physiques. Les transmissions sont rapides et ne permettent que peu de touche de balles : 1,49 touche en moyenne. La progression se fait toujours par du jeu court en remontant le terrain sans sauter de ligne, et en utilisant au maximum la largeur du terrain.

 

le jeu à la Nantaise prône la mise en avant de la mobilité, le recourt au jeu court en un minimum de touche et les changements de rythme à tout instant.

 

Les qualités des équipes appliquant le jeu à la  Nantaise :

 

Un bon physique

Pour respecter une telle tactique, il est nécessaire d’avoir des joueurs avec un gros volume physique. La particularité des joueurs de ses années Nantaises est une excellente résistance à l’effort ce qui implique une très bonne VMA (vitesse maximale aérobie). Ils sont capables de reproduite des efforts de haute intensité pendant de longues périodes sans perdre en efficacité. Les joueurs Nantais étaient alors parmi les meilleurs dans le domaine. Certains joueurs recrutés, aussi doués techniquement qu’ils étaient, n’ont pas pu s’accorder au système faute d’un physique suffisamment costaud.

Les trois entraîneurs Nantais utilisait des entraînements chargés en exercices de résistances physiques de types intermittents permettant le développement de la VMA. La caractéristique : des exercices originaux comme les entraînements sans ballon favorisant la disponibilité et la science du déplacement. Ils mettent en place aussi les séances à la Jonelière, sur petit terrain entouré de murs. Cela favorisant la vitesse de transmission et la vitesse dans les choix de jeu.

 

Une défense appliquée

Les défenseurs jouent donc en défense en zone, pas de marquage individuel pouvant mettre en difficulté le système mis en place par le coach. Ainsi tous les joueurs participent à l’offensive. Le relance part aussi de derrière et toujours au sol, le plus simplement possible sans mettre les coéquipiers en difficulté. Le ballon remonte le terrain rapidement à base de jeu de passe et remise en triangle, profitant du mouvement constant des joueurs.

 

Un bloc-équipe compact

On remarque une constante entre les formations des trois entraîneurs du jeu à la Nantaise. C’est le recours à un bloc compact. L’espace entre chaque joueur est précis . Il est régulé pour avoir toujours des joueurs en mouvement et demandeur pour un porteur tout aussi lancé. Ce jeu implique du pressing certes sur le porteur du ballon mais surtout en phase défensive des lignes coupées pour l’adversaire. Dans les transmissions l’adversaire ne peut dérouler son jeu par l’activité et le bon quadrillage de l’équipe Nantaise. Offensivement les joueurs ont une zone précise à quadriller avec des couloirs à animer.

La suite est à suivre par ici avec les trois grands entraineurs du FCN. Les piliers de la religion Jaune et Verte

Le foot, mais plus précisément l'entrainement de foot me passionne. Depuis plus de 10 ans, j'apprends, j'applique, j'échange au maximum pour améliorer sans cesse mon approche de la gestion de groupe. Avec ce site, je propose d'apporter le maximum d'informations aux entraîneurs à la recherche de supports pour devenir plus efficaces.

2 réponses
  1. pierre casel
    pierre casel dit :

    Tu oublies l’essentiel pour expliquer le  » passe et donne  » : le jeu…  » en triangle « .
    Il exige de la mobilité pour reformer ce triangle, partant de 2 sommets en bas, à 2 pointes en haut, aussitôt que le premier joueur transmet le ballon !
    Le principe : 1 seul ballon, 3 joueurs, sans cesse en mouvement, avec un objectif, reformer un triangle en se démarquant, tout en assurant les passes offensives, vers l’avant.

  2. Cédric DUBOIS
    Cédric DUBOIS dit :

    Effectivement il permet une mobilité et une disponibilité permanente…bref de la fluidité dans le mouvement

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