Pubalgie : le sifflement des adducteurs

Je vous propose de voir aujourd’hui le syndrome douloureux du carrefour pubien autrement dit la pubalgie : mal frappant bien souvent le footballeur, je vais vous expliquer les causes de cette douleur mais aussi les principaux moyen de la soigner.

Le football est, de loin, le plus grand pourvoyeur de pubalgies mais tous les sportifs peuvent être touchés. La prévention est essentielle ; elle permet de diminuer considérablement les conséquences de cette pathologie et des douleurs musculaires associées.

 

Qu’est ce que la pubalgie ?

La pubalgie est une affection douloureuse du pubis et des muscles ou tendons avoisinants.

Elle peut résulter de plusieurs affections:

-         l’ostéo-arthropathie pubienne qui est une arthrite du pubis

-         la tendinite des adducteurs

-         la pathologie pariétale abdominale

 

La pubalgie survient chez les sportifs soumis à un entraînement intensif, avec des gestes techniques particuliers (fermeture de l’angle jambe/tronc lors du tir, tacle, écart latéral, contre-appel, changement d’appui brutal) Le surmenage sportif entraîne des microtraumatismes répétés ou des contraintes trop importantes au niveau des différents muscles impliqués : les abdominaux, les adducteurs et le psoas.

 

Les causes de la pubalgie 

Quand nous courons, il y a un déséquilibre entre le côté du corps où le pied est en appui et celui où le pied est en suspension ou en position intermédiaire.

Le pubis étant un carrefour important entre les puissants muscles adducteurs et abdominaux, durant l’appui pendant la course, des contraintes majeures créent un cisaillement au niveau du pubis. Ces contraintes peuvent être notamment favorisées par un déséquilibre entre les forces musculaires des adducteurs et des abdominaux obliques.

 

Comment soigner une pubalgie 

Le premier traitement, le plus important, est le repos surtout en phase aiguë douloureuse. (compter un mois)

Votre médecin vous prescrira des anti-inflammatoires ( contre l’inflammation bien entendu), des antalgiques ( contre la douleur ) et des décontracturants ( contre les contractures musculaires bien évidemment), un glaçage des adducteurs et des grands droits(abdominaux) est aussi conseillé (2 à 3 fois / 10min par jour)

La mésothérapie ou l’infiltration est réservée aux cas rebelles et lorsque la tendinite ou l’arthropathie résiste aux autres traitements. Les thérapeutiques manuelles sont surtout réservées aux déficiences du rachis lombaire ( colonne vertébrale lombaire ) ou déséquilibre du bassin.

Le port de semelles orthopédiques sera recommandée en cas d’inégalité de longueur des membres inférieurs ou en cas de problèmes statiques importants

La rééducation doit être indolore et ne débute qu’après un mois de repos sportif complet. Elle va associer des étirements des adducteurs et des psoas et un renforcement des obliques et de la sangle abdominale.

 

Comment éviter la pubalgie ? 

Il faut prévenir l’apparition de la pubalgie, en particulier chez le footballeur en équilibrant le corps. Si une jambe est plus courte que l’autre, on portera une semelle orthopédique. En dehors de la phase douloureuse, il faudra équilibrer les forces musculaires en présence en ayant une bonne musculature abdominale souvent déficiente par rapport aux adducteurs des cuisses hypertrophiés chez le footballeur; les exercices seront statiques et actif.

 

On peut dissocier deux types de mouvements :

  • Pour les abdominaux hauts : Les mouvements doivent se faire cuisses et jambes fléchies, lombaires au sol, mains derrière la tête en décollant les épaules et les omoplates pour que les coudes rejoignent les genoux :

-         soit les deux coudes entre les deux genoux

-         soit le coude touche le genou contro-latéral et alternativement.

  • Pour les abdominaux bas : Ils ne doivent pas se faire les membres inférieurs en dessous d’un angle de 60°. Il faudrait éliminer les mouvements à type de ciseaux, de figures, qui passent à ras du sol et qui décollent les lombaires et tirent sur les insertions pubiennes. Les mouvements doivent se faire lombaires au sol, cuisses fléchies. C’est en contractant les abdominaux que l’on ramène le bassin vers le haut et les genoux vers les épaules, soit les deux genoux en même temps, soit alternativement.

Dans les cas de pubalgie importante la natation et notamment les nages dorsales sont un bon moyen de renfort des muscles du dos et de la ceinture abdominale.

 

Les footings se feront toujours hors des routes goudronnées mais sur des terrains souples (chemin ou piste d’athlétisme) pour éviter les micro-ondes de chocs.

 

Concernant plus spécialement l’entraînement du footballeur on veillera tout particulièrement à doser l’intensité des efforts fournis. Bien souvent les syndromes pubalgiques apparaissent chez des joueurs ayant augmenté brutalement leur quantité d’entraînement (c’est souvent le chez  des jeunes intégrant des centres de formation ou chez des athlètes arrêtés pour blessure pendant plusieurs semaines, lors de la reprise voir de la reprise estivale sur terrain dur.

 

 Conclusion

La pubalgie est une affection bien connue, elle nécessite un diagnostic précoce qui permettra de donner un traitement adapté et efficace afin de la soigner efficacement. Dans certains cas le traitement sera chirurgical(rarement) mais toujours sur des indications parfaitement posées.

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